Samedi 23 Juin 2018 – Matin – Bretagne

Chronique approximative des aventures merveilleuses de Jean-Pierre au pays du métal et de ses dérivés.

C’est avec encore un peu de poussière dans les yeux, dans les narines et dans les oreilles que débute ce second jour de festival.

Quel type de contrat doit-on passer avec Satan pour trouver du plaisir à jouer du Métal à 10h et des bananes du matin ? Qui a dit que les métalleux n’étaient que des outres à bière ? Parfois ce sont aussi des outres à “Raidboull” !

Et pourtant, les amplis sont branchés, les guitares accordées, les basses sont… bah Jeannot ne sait pas trop comment sont les basses, ni même à quoi elles servent à part faire vibrer les tripes à grand renfort d’infrasons, « Brôôôôôôôôôôô… Brâââââââââââ… !! » (le mélomane averti reconnaîtra ici une retranscription faite à la bouche d’une magnifique harmonique mineure en mode Lydien 9 sur la tierce ou peut-être juste des interférences ?).  Alors ok, s’il avait voulu écouter des bassistes, il serait allé à Marcillac pour voir Marcus Miller. Mais on s’éloigne du sujet, on divague, on erre dans des allées du festival en attendant les mastodontes de l’après-midi, lorsque soudain résonne une reprise musclée de Blondie.

Call me. Et cet appel rameute une foule incroyable. Ça sonne gras, la voix est claire et la rythmique puissante, Redemption fait le show sur la Mainstage. Redemption, personne ne connaît et pourtant tout le monde se dirige curieusement vers la scène géante. Les multiples écrans tout aussi géants que la scène diffusent des images qui ne sont pas raccord avec le son craché par les murs d’enceintes. Un petit blondinet de 9 ans tape sur des fûts plus gros que lui pendant que sa photocopie adolescente plaque les riffs et donne de la voix. Impressionnant ! Redemption, groupe familial et lorrain en plus, vainqueur de The Voice of Hell, le concours réalisé par le festival pour lancer de nouveaux talents. Mat, Rod et JS se souviendront de leur premier passage en Enfer, devant des milliers, des dizaines de milliers, la légende parlera de centaines de milliers de fans en délire. Sur la scène même où se défouleront un peu plus tard dans la journée des Body count, des Deftones, des Limp Bizkit ou Avenged Sevenfold. Une excellente surprise qui donne la pêche. Vive la Quiche !

Le Métal français a vraiment de l’avenir même si les réseaux actuels font plutôt la part belle aux Jul et autres produits du même tonneau. Tout pourri.

En parlant de tonneau, un petit tour par le royaume du muscadet ne fait jamais de mal à l’heure de l’apéro. Sans modération aucune, le stand des producteurs régionaux ne désemplit pas. C’est frais et ça change de la bière.

Un jour, il faudra faire une chronique uniquement sur la gastronomie du Hellfest, ça vaut le coup et c’est à l’image du Métal. Tout en finesse.

Mais il n’y a pas que du Heavy, du Doom ou du Thrash au Hellfest. Jean-Pierre en a fait l’expérience en se perdant dans la Valley en plein après-midi. Il s’attendait à écouter un bon groupe de Stoner poussiéreux et il tombe sur Horror ou Ho99o9, groupe américain de Hip hop Indus Hardcore Punk. Alors, je vais pas te dire qu’il a sauté de joie, je vais juste te dire que le JP, c’est pas sa came. Il préfère quand il y a des musiciens ou même plus simplement de la musique. Mais il y en a qui aiment. C’est peut-être une question de génération. Il ne juge pas, quand il était plus jeune lui-même écoutait Gérard Lenorman et son gentil dauphin triste (titre original). Tout en tristesse.

Passer du coq à l’âne, c’est l’expression ad-hoc pour définir ce qui suit sur les scènes principales. Après les cris tout juste humains subis dans la Valley, pour s’en remettre il fallait bien Jonathan Davis, le chanteur de Korn, en mode solo avec sa contrebasse, son violon et ses titres encore inconnus puisque son album Black Labyrinth n’est sorti que le 25 mai dernier. Tout en délicatesse.

La soirée promettait d’être enlevée, avec du lourd comme les Body Count déjà venus à Clisson en 2015. Les organisateurs n’avaient pas eu d’autre choix que de les programmer sur la modeste scène de la WarZone, erreur réparée cette année en mettant Ice-T et ses acolytes sur la Mainstage, et c’est à ce moment-là que survint le drame… Dylan, le stagiaire sourd de Seconde option hôtellerie devait être à la régie, mais en tout cas Jean-Pierre n’a jamais entendu un son pareil dans toute sa longue vie de métalleux. Un son qui te pénètre par tous les orifices et qui remonte le gros intestin. A ce moment précis, historique s’il en est, le Hellfest a créé un son capable de faire un lavement. Les organisateurs diront plus tard lors de leur audition à la gendarmerie que Jean-Pierre ayant payé son entrée, il était consentant.

La fête un peu gâchée par ce son qui n’était qu’une lente et profonde vibration. Les groupes qui ont suivi ont fait le travail. Deftones a cartonné, Limp Bizkit a repris des titres de Nirvana, de Métallica, de Rage against the machine et un peu de Limp Bizkit. Ca bougeait bien, c’était festif mais ça n’était pas vraiment du Limp Bizkit. JP a trouvé Wes Broland en forme mais Fred Durst un peu en retrait ou pas motivé, y’a des jours sans.

Avenged Sevenfold bouclant la journée en beauté, il était l’heure de tirer un bilan rapide de cette soirée. Certains disaient qu’il n’y avait pas vraiment de tête d’affiche pour le samedi et à raison, aucun groupe avant 23h30 n’a tenu la scène plus d’une heure. C’est dommage, car les fans étaient présents et motivés, encore en forme à la mi-festival.

Jean-Pierre est sans doute parti se coucher en maudissant Dylan mais des étoiles avaient tout de même remplacé la poussière dans ses yeux.

 

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David

Chroniqueur

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