Vendredi 22 Juin 2018 – 10h00min15s – Clisson – Loire Atlantique – Ouverture des portes de l’enfer sur la 13ème édition du Hellfest en terre bretonne.
La terre vibrera, les bras se lèveront, la bière coulera, les guitares hurleront, le festivalier se déchaînera et les bénévoles travailleront et chaque chose sera à sa place. Enfin, ça c’est la théorie, tristounette, bien propre et attendue mais en pratique, un Hellfest réussi c’est plutôt ; la terre qui se soulève, les bras qui coulent, la bière qui fait son travail, les guitares qui hurlent. Les festivaliers vibrent et les bénévoles se déchaînent, faisant de chaque moment un fuckin’ Enfer de tous les diables ! Bienvenu à la « Hellfest Chronicle 2018! »

 

 

Avec une bonne moitié des festivaliers qui n’est pas encore arrivée et l’autre moitié qui essaye de savoir comment charger son bracelet/pass/porte-monnaie (pour payer les premières bières, évidemment), les groupes qui ouvrent le bal n’ont d’habitude pas beaucoup d’oreilles à rassasier mais celles qui sont là, sont celles qui comptent… De bonnes oreilles venues de loin et levées tôt, des oreilles de connaisseurs qui n’ont pas peur des acouphènes de bonne heure de bonne humeur et pourtant, elles étaient déjà des centaines voire des milliers à faire honneur dès 10h30 aux petits frenchies de Malemort, groupe de Hard Parisien BCBG (un nouveau genre de Métal), étonnés mais pas effrayés par les volumes que leur offrait la Mainstage 2 ; 10h30 l’heure du Riff a sonné !
Cette première journée est toujours un peu spéciale pour le festivalier, appelons le Jean-Pierre, qui promène sa chevelure hirsute et son t-shirt Iron Maiden de scène en scène, recherchant un son nouveau ou un groupe dont il a entendu parler. Il s’étonne de voir les Rose Tattoo, échappés de l’EHPAD de Clisson, mais dont la pêche et l’efficacité mettent tout le monde d’accord, les vieux ont encore de la ressource et si la fumée conserve la viande, l’alcool conserve les fruits, on peut dire qu’ils sont bien conservés.
Ce chaland de Jean-Pierre découvre ou redécouvre avec un plaisir non dissimulé (ou…un jeans trop moulant) les installations, attractions, boutiques mises à sa disposition ; il se dit avec raison que ce village d’irréductibles gaulois métalleux est toujours aussi exceptionnellement grandiose. Il est en fait bien loin de la vérité.
Au hasard d’une rencontre, JP vide un pichet avec un groupe de jeunes. Oh my God ! Ils ont l’âge de ton fils ! Ne sont-ils pas censés écouter Jay-Z ou Drake ? Mais non, ils sont là pour l’ambiance, le fun et Meshuggah, véritable orgasme auditif. Ça rassure un peu sur l’avenir de la France, tout n’est pas perdu, il reste une souche de résistants, des rebelles qui seraient quand même du Côté Obscur !
Jeannot avait 13 ans et était en colo quand est sorti The Final Countdown de Europe. Une madeleine de Proust inavouable pour celui qui maintenant se shoote au Marylin Manson. Il ne peut pas louper ça, il est curieux de savoir quel accueil va réserver le Hellfest à ce groupe formaté pour la radio. Et c’est un triomphe, Europe régale de tous ses hits, jusqu’à l’explosion finale et c’est bien malgré lui, en espérant que personne ne le regarde, que JP se surprend à hurler à tue-tête : ITS ZE FAINOL COUNTDAOUN ! TADA DA DA, TA DADADA !! OK, ça fait baloche, mais c’est aussi ça le Hellfest… c’est la fête.
Il est chaud bouillant le Jipé, après cette tombée dans les 80’s, il ferait presque la chenille, ou sa version métal, le Circle-pit. Et alors qu’il attend avec impatience Johnny Depp et ses potes, Pam ! Douche froide, Steven Wilson. L’enfer sous sa forme la plus embarrassante, la plus ennuyeuse, une sous-sous-sous espèce de métal, genre Space-Néo-Progressif-psychédélique. Aussi douloureux à écouter qu’à voir, Jean-Pierre en a les dents qui saignent.
Pour se remonter le moral descendu à -30 et refaire le plein de calories, le remède de JP c’est : tartine de l’enfer, cassoulet et bières, un repas parfaitement équilibré inhalé en 20s pour pas louper l’entrée en scène des têtes d’affiche de la journée : Hollywood Vampires et Judas Priest.
Et si les Vampires sont loin d’être une bande de potes qui tapent le bœuf le week-end dans les caves, Johnny Depp, Joe Perry et Alice Cooper ne sont pas là pour beurrer les tartines mais bien pour faire le Show ! Le « Super Groupe » bastonne à base de reprises de Bowie, des Floyd ou des Doors.
Ok ! JP admettra plus tard que ce n’était pas tout à fait du premier choix et l’ensemble semblait un peu incohérent aux oreilles de l’esthète qu’est notre ami chevelu. Trop artificiel ? Toutefois, les jeunes Hellbangers présents en nombre dévisageaient le Pirate des Caraïbes, les techniciens idolâtraient l’ex-guitariste des Aerosmith et les anciens s’amusaient aux pitreries du toujours très théâtral Cooper. Oui, mais la musique dans tout ça ? Bah… on s’en fout un peu, la journée a été longue, on est entre potes, en famille, on se marre, point barre.
A la suite de cette très récréative prestation, le fan de Slipknot qu’est Jean-Pierre est curieux de voir Corey Taylor sans son masque. Mais Stone Sour n’est pas Slipknot, c’est un peu mou du genou, ça ressemble à de la Pop ? Peut-être que c’est juste ce qu’il faut pour se ressaisir avant Judas Priest ; en voilà du bon gros Heavy Metal pour finir la journée ! Ca hurle, ça tape, ça riffe, ça fait mal aux oreilles, c’est pas bon, mais c’est bon quand même. Et on est que vendredi… ça promet !
A suivre…
Avant que j’oublie… Next Edition : 21, 22 et 23 Juin 2019 – Scoop officiel !
Mass Hysteria et Slayer se partageront le haut de l’affiche des Mainstages, Les métalleux speed east-coast de Manowar et les métalleux de death de Carcass rempliront les scènes Temple et Altar, alors que les Dropkick Murphys débouleront en Warzone…
Je dis ça, je dis rien… mais il reste 140 groupes à annoncer… On reste des gamins devant les paquets de Noël au pied de l’arbre…impatients… C’est notre génération.

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David

Chroniqueur

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