Initialement créé pour dénoncer les risques de mettre un Donald à la maison blanche, le super-groupe Prophets of Rage aura encore du pain sur la planche pour les 4 années à venir avec tout le grain qu’on lui donne à moudre. D’un coup de com ponctuel leur projet est devenu une mission, un sacerdoce – et quelque part, à bien y réfléchir, c’est une chance pour ceux qui comme moi en sont fans. C’est égocentrique, peut-être, tant-pis.

Un « super-groupe » n’a pas pour vocation de durer, c’est plus une réunion potes, de pointures qui se réunissent pour redorer leur image et faire rentrer quelques billets. Dans le cas de Prophets, il s’agit pour les frontmen de Cypress Hill et Public Enemy, B. Real et Chuck. D de s’entourer d’une base musicale solide pour passer leurs messages d’alerte. Ce sera chose faite avec les anciens de Rage Against the Machine ou encore Audioslave, l’iconique Tom Morello aux guitares, l’excellent Tim Commerford à la basse et Brad Wilk aux casseroles.
En l’espace de 18 mois Chuck.D, B. Real et leurs potes ont réussi à enchainer les prestations scéniques coup de poing, marquer les esprits et finalement faire du Prophets un vrai groupe crédible porteur d’un message qui ne souffre aucune équivoque ! Pour autant les Prophets ne nous avaient gratifié jusque-là que d’un maxi de 5 titres – The Party’s Over – sorti dans l’urgence à l’été 2016, sans grande originalité puisque n’offrant qu’un seul titre… original, le reste étant des reprises pour la plupart captées en live. En France, on se rappellera surtout de leurs prestations 2017 au Download ou encore au Hellfest où ils ont fait bouger, sauter, éructer 50.000 personnes devenant la véritable tête d’affiche des 3 jours de festival.

Avec ce premier album éponyme, leur setlist va donc s’étoffer de morceaux originaux, voire même très originaux mais toujours identifiables grâce aux riffs et aux sons caractéristiques d’un Morello survolté.
La première écoute est déjà un pur bonheur. Les Prophets déroulent 12 morceaux au style changeant, au groove tranchant, aux mélodies et aux voix travaillées, c’est implacable d’efficacité.
Dès le morceau d’introduction Radical Eyes, tu sais que tu vas passer un moment WTF. Ca calme autant que ça rassure, ces gens-là ne plaisantent pas. Pas de place pour l’à-peu-près, ils étaient faits pour se rencontrer. Le solo final te file une banane terrible, ça plombe et ça groove ! ! Oui !! C’est possible !! Unfuck the World, premier single sorti (vidéo réalisée par Michael Moore), enfonce le clou et met au défi de ne pas déjà bouger la tête dans tous les sens, te fait monter le son et c’est pas fini. Legalize me et Take me Higher aux airs funky démontrent que la maturité a du bon. Ça permet de se remettre en question et explorer sans craintes de nouveaux sons, je t’ai déjà dit que ça grouvait ? Non ? Alors sache le, ça groove de la patate de tous les côtés !
Plus traditionnel dans la grosse veine bleue de RATM Living on the 110 (one ten) , Hail to the Chief et Fires a Shot. Plus surprenant est Counter offensive, prélude électro de 30s et dont les paroles tiennent sur un ticket de métro si tu écris gros, on peut même dire « la parole » tellement il y en a peu. Le métal/rural Strenght in Numbers te rappelle que le nombre fait la force et méfie-toi des poulets de basse-cour quand ils s’énervent.

Quand tu iras l’acheter, la pochette de l’album te fera peut-être l’effet d’un déjà-vu, je t’aide, c’est Saint Anger de Metallica ! Poing vengeur levé.
Finalement, tous ces morceaux qui te filent déjà des frissons dans le caleçon dans leur version studio seront à vivre en live, ils ne sont faits que pour ça ! Le message est clair et net, la musique engagée n’est pas de l’histoire ancienne. Ça fait plaisir de voir ces jeunes se révolter ! La cinquantaine ça à l’air génial ! Il me tarde ! C’est pas aussi engagé qu’un Michel Sardou sous acide mais presque. Calogero, si tu me lis, écoute ça, c’est des paroles sur de la musique, enfin je dis ça manière de dire…

Ca sort le 15 septembre et c’est inévitable.

 

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David

Chroniqueur

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