Chronique rédigée par Isaure le Faou

# Pink Lady is out!!!!
Rose, c’est une longue histoire.
Une histoire qui a débuté il y a neuf ans avec un titre phare et inoubliable, La liste. Un parrain qui s’appelait Alain Souchon et lui avait offert sa première scène. Des chemises à carreaux et une guitare, en bandoulière. Une voix déraillée qui s’égrène à la Janis Joplin. Mais surtout, l’envie chevillée, inavouée, de prouver que la nouvelle génération est elle aussi capable de rendre ses textes de noblesse à la chanson française.
Avec ce nouvel opus, nous découvrons douze nouveaux titres habités, incarnés, portés à bout d’âme par la chanteuse. Rose, l’auteure, la compositrice, l’interprète, trois femmes en une, décline sa vie en faisant défiler les nôtres. Rarement à l’endroit, souvent à l’envers : à peine a-t-on écouté un ou deux refrains, que l’on fredonne déjà en été, la fenêtre ouverte, une fine dans la main droite. Et le cœur qui éclate.
Rose s’assume pour notre plus grand bonheur en Pink Lady.
Est-ce pour cela qu’elle a choisi le bleu comme couverture pour ce nouvel album ?
Comme une manière de nous montrer qu’elle n’est plus la même qu’à l’époque du vertige de la liste où l’amour et la passion lui avait donné des bleus à l’âme comme dirait Sagan. Aujourd’hui, la chanteuse n’a pas pansé tous ses bleus, mais elle ne cherche plus à les maquiller.
C’est le bleu de l’espoir que Rose cherche partout aujourd’hui.
Dans ces yeux à elle les jours de pluie, dans la vie de tous les jours, dans le ciel de Paris les jours d’orage et dans la méditerranée les soirs d’été.
Dans Comme avant, un titre aérien et entêtant, Rose se livre avec humilité et sincérité. Aujourd’hui Rose continue de panser ses bleus là et tous les autres mais elle ne cherche plus à les effacer, elle sait qu’elle devra apprendre à vivre avec, parce que sa sensibilité est comme une deuxième peau dont elle ne peut se défaire.
Son bonheur, elle ne le confie plus à personne d’autre, pas même à un psy, comme elle le livre dans Je ne viendrai pas demain. Jamais, plus jamais Atone, et dire adieu à ses passages à vide.
Rose manie la langue sans bois, avec poésie et délicatesse. Elle jongle avec les mots, et ça l’amuse. Car sous ses airs graves de façade, Rose est drôle, joyeuse, piquante.
Rock.
A travers ses nouvelles chansons, elle nous fait rire, rosit sa vie et lui donne un goût acidulée, s’imagine en Pink Lady, entre engagement de Dutronc et malice de Souchon. Selon les jours, elle convoque des ritournelles rocailleuses à la Bashung et fait des promesses qu’elle s’autorise à rayer d’un coup de blues.
Elle enchaîne les personnages fictifs, comme dans Maman est en bad, complainte d’une maman en rade ; ou dans Partie Remise, où elle se travestit dans la peau d’un homme écorché par ses regrets.
Et lorsque le bleu vire au noir, Rose compte. Elle compte, à rebours, à l’envers ; compte les kilos, les guerres, les verres. Compte plus que tout sur son amour discret, son Histoire idéale. Se laisse rêver au Séparément, quand elle avoue douter de sa capacité à jouer au couple Pour être deux, un des bijoux de cet album.
Dans Je de société, une autocritique acérée martelée par une mélodie entêtante, elle parle avec intelligence de nos fantasmes de vie sur réseaux sociaux, scènes de pacotille qui creusent un peu plus nos failles. Les siennes aussi.
Ceux qui se questionnent sur leurs vies n’ont qu’à écouter le nouvel album de Rose pour trouver les clés et la clé principale de cet album serait peut-être l’acceptation de ce que l’on ne change pas, une certaine authenticité à vivre et le choix d’assumer enfin qui l’on est. Ceux qui connaissent Rose ne s’y tromperont pas quand à ceux qui ne la connaîtrait pas encore, ils n’auront qu’une envie c’est de la découvrir.
En un mot comme en cent, c’est de lumière dont il est question dans ce nouvel opus, peut-être l’album le plus sincère et le plus abouti de la chanteuse.
Au fond, Rose c’est un rêve qui nous concerne tous.
Un rêve qui consiste à mener sa vie sans jamais brader ses espérances.
A 37 ans, Rose se montre telle qu’elle est et tel que nous tendons tous à être : une part d’ombre qui a choisi de s’assumer en pleine lumière.

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Marilyne

Chroniqueuse

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